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À LA MAISON D'ARRÊT-STAGE THÉÂTRE BILAN



*Le Théâtre du Tiroir des affabulations
8 rue Jean Macé
53000 LAVAL
theatre-du tiroir@wanadoo.fr
jean-luc.bansard@wanadoo.fr
06 76 29 62 91
02 43 91 15 66

BILAN du STAGE-THÉÂTRE
À LA MAISON D'ARRÊT
de LAVAL



*

Sommaire :
1/ Un spectacle pour commencer
2/ Les stagiaires
3/ le contenu du stage
4/ la présentation finale
5/ Présentation de la compagnie

* 1/ Un spectacle pour commencer.

La compagnie du Tiroir des affabulations était invitée pour la seconde fois ( la première en 1996 ) par l'association culturelle de la Maison d'arrêt de LAVAL


Une vingtaine de détenus, des membres du personnel de l'administration de la Maison d'arrêt et des membres de l'association ont pu assister à la dernière création de la compagnie, la 31 ème création depuis 1987.
LUIS ET CARMELA
Nous pouvons résumer l'histoire en quelques mots :
LUIS ET CARMELA, c'est l'épopée ordinaire d'un couple d'artistes aux amours orageux aux prises avec le quotidien dans un petit spectacle de survie ou cours duquel on règle ses comptes sous les yeux du public devenu témoin malgré lui de scènes de ménage plutôt inattendues, le tout au rythme du flamenco et aussi du Rock and roll ( mais de temps en temps seulement).
L'amour est une maladie qui guérit l'homme de la vie. On en pleure, on en rit, on en vit, on en meurt.
Pour en parler on a choisi la comédie masquée qui, paradoxe ultime ne peut se jouer qu'avec sincérité. Luis et Carmela est un divertissement fantaisiste plein d'adorables clichés. Y a pas de mode d'emploi.



Choisi pour sa forme très ludique et musicale, ce spectacle a séduit le public installé dans la salle polyvalente de la maison d'arrêt ( "la chapelle").
Les détenus, semble-t-il d'abord méfiants, ont adhéré très vite à cette forme joyeuse de théâtre : les masques de la commédia d'ell arte ont le privilège de ne pas se prendre au sérieux et de créer immédiatement une distance qui met à l'aise le spectateur : le théâtre masqué est un jeu pour regarder en s'amusant nos déboires ou nos bonheurs de la vie.
Chaque artiste de l'équipe avait pris la précaution avant la représentation de se présenter nominativement sans pour autant dévoiler son costume ni son masque pour conserver l'effet de surprise. Cette attitude à permis de créer une première complicté avec les spectateurs.
L'enjeu du spectacle est annoncé à l'avance : inviter les détenus à s'inscrire à un stage de théâtre sur dix jours dès le lendemain.

Le succès du spectacle a pu se lire dans le fait qu'une dizaine de détenu se sont inscrits d'emblée au spectacle.


* 2/ Les stagiaires
Sur plus d''une dizaine de stagiaires inscrits, huit sont venus au premier jour du stage.
Une petite conversation avec certains à l'issue du spectacle m'avait permis de sentir que certains espéraient beaucoup du stage et d'autres étaient putôt curieux , d'autres disons sans conviction.

L'objectif du stage était annoncé comme une découverte de soi-même, une prise de conscience et une mise en confiance, un moment de travail sur son imagination et un moyen de parler de soi-même et de la vie au travers d'une technique : le théâtre.

Chacun des stagiaires a, me semble-t-il, trouvé sa raison de participer :
l'un a poursuivi sa quête d'écriture personnelle au travers de la poésie.
Un autre a renoué avec un passé de peintre en décors de théâtre avec le plaisir de jouer cette fois un rôle d'acteur qu'il a connu de l'extérieur.
Un autre s'est révélé un formidabe acteur et a pris plaisir à travailler avec ardeur des textes d'auteurs,
un autre s'est laissé guidé dans une découverte totale alors qu'il n'avait jamais cotoyé un artiste et même jamais vu un spectacle de théâtre,
un autre s'est découvert une habilité et un humour pour parler de la vie et en particulier de ce qui lui arrive dans la prison (il a révélé et joué une lettre profonde écrite lors d'un premier séjour en prison quelques années plus tôt)
Un autre a développé des relations avec les autres par le biais du jeu.
un autre très méfiant a testé un plaisir nouveau mais a reculé face à la présentation finale par manque de confiance en lui.

Des questions de vie à la prison ( problèmes médicaux, de visite, des angoisses sur l'avenir) ont quelquefois pertubé les uns ou les autres à un moment donné.

Poser la question de la présentation d'une petite production à l'issue du stage a été une erreur de ma part.
Annoncer une présentation a conduit deux stagiaires à se retier du groupe à deux jours de la fin alors qu'ils y avaient trouvé un moyen de s'exprimer avec bonheur. pendant les jours précédents.


* 3/ le contenu du stage
nous avons visité les grandes règles du jeu théâtral : la place primordiale du corps, la primauté du regard, la conscience du rapport à l'autre.
Nous avons abordé le travail d'un texte à partir des poèmes de l'un des détenus et de deux textes d'auteurs contemporains ( jean yves Picq)
Nous avons très vite investi le masque comme outil d'expression.
Après un voyage dans la tradition de la commédia d'ell arte, chacun s'est découvert un personnage qui lui convenait et avons ainsi apprivoisé Arlequin, Capitan, Brighella ou Tartalia .
À travers ces archétypes de personnages, chacun a developpé un univers personnel.
Au final après 25 heures de travail sur dix jours, avec 4 stagiaires, nous avons réalisé une forme théâtrale de 20 minutes.
Trois autres stagiaires ont choisi de ne pas participer à la présentation finale ; sans aucun doute parce que la démarche personnelle a été plus importante que la démarche de partager avec un public inconnu leurs plaisirs de théâtre. Une manière de le garder pour eux sans le dénaturer, attitude tout à fait respectacble et que nous avons respecté.


* 3/ Une présentation finale en guise de bilan

les 4 stagiaires qui ont fait le choix d'aller jusqu'à la rencontre avec un public, avaient mis beaucoup d'espoir dans la présence du directeur et des autorités de la maison d'arrêt. Fort heureusement, en l'absence du directeur, le directeur adjoint a pu se libérer mais un peu tard; leur envie de prouver que leur investissement en tant que stagiaires était fort, les 4 stagiaires ont décidé de rejouer le spectacle afin que le directeur adjoint puisse les voir à l'oeuvre.
Une mémoire vidéo de ce travail théatral a été enregistrée et devrait permettre à chacun de mesurer l'intérêt de la démarche.

Des liens très étroits avec les stagiaires se sont noués,
la question est maintenant de trouver une suite.
Chacun l' a imaginé à sa manière,
un des stagiaires à souhaiter à sa sortie, s'inscrire dans un atelier de théâtre, un autre souhaite devenir spectateur dans notre théâtre à Laval, un autre souhaite poursuivre me soumettre son écriture de poème.
J'ai moi même proposé de revenir pour donner un récital autour de ses poèmes et d'autres paroles de détenus lors du printemps de la poésie en mars.
L'avenir dira si nous pouvons réaliser ce nouveau projet.
Un souhait serait de pouvoir retrouver les stagiaires pour une réunion de bilan en présence des membres de l'administration et de l'association culturelle de la maison d'arrêt.

En conclusion : un temps fort pour moi-même et ma compagnie et le souhait de réfléchir avec les organisateurs aux suites à donner.


Rapide présentation de LA COMPAGNIE du TIROIR DES AFFABULATIONS


Fondé en 1987 à Laval par Jean Luc Bansard, le Théâtre du tiroir à réalisé 31 spectacles autour de grands auteurs : Blaise Cendras, Jacques Prévert, Alexandre Pouchkine, Jean-Claude Grumberg, William Goyen, Alfred Jarry, Dario Fo, ...

Les voyages en théâtre de la compagnie se confondent avec ceux de jean Luc Bansard, son directeur
Il utilise des formes théâtrales diverses (spectacles de rue, en salle, Ububus, contes, cabaret, déambulatoire, lectures) qui s'adressent aux adultes et aux enfants. En 1996 par exemple, le Théâtre a conçu et construit l'Ububus. Il s'agit d'un véritable théâtre sur roulettes ayant pour vocation d'installer la troupe en milieu rural dans des lieux tels que le long d'une promenade, une place de l'église, ou encore une cour d'école.

Parallèlement à ce travail de création et de diffusion, le Théâtre du Tiroir anime une saison théâtrale au Théâtre Jean Macé à Laval.
La compagnie est hébergée et aidée par la ville de Laval, subventionnée par le Conseil Général de la Mayenne et celui de la Sarthe, elle est aidée au fonctionnement et au projet par le Conseil Régional des Pays de la Loire ainsi que ponctuellement "au projet" par la Direction Régionale des Affaires culturelles.
La qualité et la diversité des productions du Théâtre du Tiroir ont permis d'acquérir la confiance des différentes institutions qui le soutiennent.
Avec soixante à cent vingt représentations par an, le réseau de diffusion du Théâtre s'est développé et diversifié.
Elle développe depuis maintenant plusieurs années un programme de stage et de difussion à l'étranger : Aglérie, Haïti, Moldavie, Russie...
Adepte depuis ses débuts d'un théâtre/outil d'éducation populaire, l'action de la compagnie se dirige également vers les milieux scolaires, universitaires, hospitaliers et sociaux.
Jean-Luc Bansard


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